Comment les savants travaillent : « Le corps de la science » de Françoise Waquet

L’objet de l’ouvrage est « d’élucider la face non intellectuelle du savoir et d’en mettre en évidence la portée épistémique. Les conditions matérielles du savoir ne sont pas un support anecdotique de l’invention des théories scientifiques, elles ne sont pas non plus une scène passive sur laquelle les grands hommes déploient leurs œuvres. En procédant à une « archéologie des techniques intellectuelles, du point de vue des usagers » (p. 10), F. Waquet souligne leur rôle et leur donne une place dans l’histoire intellectuelle ».

via Le corps de la science – La Vie des idées.

Publicités

Sociologie économique et économie critique. A la recherche du politique

« Alors que s’affirme le renouveau d’une sociologie des faits économiques, on observe une insatisfaction croissante à l’égard de l’économie standard, dont le discours est de plus en plus souvent jugé inadéquat au regard des grands défis contemporains. La crise financière mondiale de l’automne 2008, la crise grecque doublée d’une crise de la souveraineté en 2015, les désastres et menaces écologiques en chaîne, mais aussi la montée des inégalités économiques et sociales, sont autant d’épreuves de réalité pour ces édifices intellectuels. Cette crise de l’économie ne débouche pas simplement sur une crise de la pensée économique qui conduirait une fois de plus à une dénonciation stérile de la  » pensée unique « . On peut se réjouir qu’elle suscite au contraire aujourd’hui une véritable pensée de la crise, notamment par un renouveau de l’économie  » politique  » qui traverse désormais toutes les sciences sociales. Ce hors-série rassemble justement des travaux originaux, identifie les convergences et les conflits, et favorise l’unification théorique par le dialogue entre diverses sciences sociales. Partir à la recherche du politique dans l’activité économique suppose de saisir celle-ci dans son fonctionnement concret et son environnement social, ses structures institutionnelles et ses formes de vie variées. Partir à la recherche de la dimension politique des faits économiques, c’est aussi élaborer de nouvelles médiations entre sens commun et constructions scientifiques, et proposer ainsi des schèmes d’intelligibilité de l’économie, scientifiquement heuristiques, mais également appropriables par les citoyens  » ordinaires  » dans le débat public ».

 

via Les Livres de Philosophie: Revue française de socio-économie (hors-série 2015) : Sociologie économique et économie critique. A la recherche du politique.

Leisure, the Basis of Culture: An Obscure German Philosopher’s Timely 1948 Manifesto for Reclaiming Our Human Dignity in a Culture of Workaholism | Brain Pickings

 »

The original meaning of the concept of “leisure” has practically been forgotten in today’s leisure-less culture of “total work”: in order to win our way to a real understanding of leisure, we must confront the contradiction that rises from our overemphasis on that world of work.

[…]

The very fact of this difference, of our inability to recover the original meaning of “leisure,” will strike us all the more when we realize how extensively the opposing idea of “work” has invaded and taken over the whole realm of human acton and of human existence as a whole. »

via Leisure, the Basis of Culture: An Obscure German Philosopher’s Timely 1948 Manifesto for Reclaiming Our Human Dignity in a Culture of Workaholism | Brain Pickings.

Les valeurs éducatives au risque du néo-libéralisme

Ce n’est pas vraiment une nouveauté que de le dire, ni même de l’expliquer mais il est essentiel de le répéter pour espérer faire passer le message au-delà du monde académique.

Fabre, M., Gohier, Ch. (dir.), Les valeurs éducatives au risque du néo-libéralisme, Rouen, Presses Universitaires de Rouen et du Havre, coll. « Penser les valeurs en éducation », 2015, 168 p., ISBN : 979-10-240-0420-4

via Michel Fabre et Christiane Gohier, Les valeurs éducatives au risque du néo-libéralisme.

Les valeurs éducatives au risque du néo-libéralisme

Marxisme et sociologie aujourd’hui

Penser l’université, ses transformations et en particulier son évolution contemporaine revient à analyser les relations de la science (ou, plus généralement encore, des connaissances au sens le plus large du mot) à son contexte politique et économique. Or l’université contemporaine, celle qui (re)naît et se développe avec l’Europe du 19e siècle, des recompositions politiques, du triomphe de l’Etat-nation, de l’industrie et – ne l’oublions-pas – de l’affirmation des Etats-Unis comme grande puissance, ne cesse d’avoir maille à partir avec le capitalisme. Luc Boltanski et Eve Chiapello, dans Le Nouvel Esprit du Capitalisme (Paris, Gallimard, 1999), caractérisent ce dernier par sa capacité à se métamorphoser au gré des soubresauts de l’histoire en retournant à son avantage les critiques qui lui sont adressées. Savoir dans quelle mesure l’université, tout occupée à entretenir d’elle-même une image idéale de liberté, d’indépendance voire de résistance intellectuelle, s’est pliée de plus ou moins bonne grâce aux injonctions des intérêts des divers avatars du capitalisme, serait l’affaire d’une sociologie de l’institution universitaire qui reste à organiser. On imagine que, dans le contexte qui est celui du Processus de Bologne depuis une trentaine d’années, cela n’a pas été une priorité des institutions, ni même des Facultés de Sciences humaines et sociales – même si une intéressante littérature existe en lien plus ou moins direct avec l’objet université. Un regain d’intérêt certain pour la place de la critique dans les « humanités » donne aujourd’hui la possibilité de découvrir ou redécouvrir des textes essentiels pour l’articulation d’une telle sociologie de l’université. C’est le cas de celui de Razmig Keucheyan, Marxisme et sociologie aujourd’hui http://www.contretemps.eu/interventions/marxisme-sociologie-aujourd%E2%80%99hui) qui recoupe nombre de préoccupations de ce qu’on peut considérer comme un ouvrage de référence francophone en la matière : Le tournant de la théorie critique (FRERE, B., dir.), Paris, Desclée De Brouwer, 2015 (http://orbi.ulg.ac.be/handle/2268/172182).

via Marxisme et sociologie aujourd’hui | Contretemps.

L’Angoisse de l’ingénieur

Un des principaux enjeux d’une pensée critique est de démystifier la toute-puissance de la raison incarnée depuis le 17e siècle et la révolution de la science classique. Rendre le monde mesurable, maîtriser la nature par les chiffres, discipliner l’humanité par le progrès matériel et technique, voilà qui a conduit à faire de l’ingénieur l’archétype du savoir utile et utilitaire. Mais les guerres mondiales, le feu atomique, les désastres écologiques, Shoah et autres génocides, – sans parler du chamboulement épistémologique peu connu du grand public – de la nouvelle physique – conduisent au questionnement de la centralité de la figure de l’ingénieur et du rationalisme tout-puissant qu’elle incarne. Dans L’Angoisse de l’ingénieur,  « (…) Bloch réhabilite ce que la raison, marxiste entre autres, a voulu condamner : l’existence du mythe. Il défend les archétypes tels qu’ils peuvent apparaître dans les contes, où toute hiérarchie sociale se voit bousculée. De ce pas, il met en garde contre la mécanique, qui gomme la lumière du rêve, alors que le moment utopique y reste encore tapi ».

via Les Livres de Philosophie: Ernst Bloch : L’Angoisse de l’ingénieur (Allia, 2015)

« L’université sans condition » de Jacques Derrida en accès libre.

via Derrida_Jacques_L_université_sans_condition_2001.pdf.

(Extrait) « Cette université sans condition n’existe pas, en fait, nous le savons trop. mais en principe et conformément à sa vocation déclarée, en vertu de son essence professée, elle devrait rester un ultime lieu de résistance critique – et plus que critique – à tous les pouvoirs d’appropriation dogmatiques et injustes. (…) Ce principe de résistance inconditionnelle, c’est un droit que l’université elle-même devrait à la fois réfléchir, inventer et poser, qu’elle le fasse ou non dans de nouvelles Humanités capables de travailler sur des questions de doit – c’est à dire, pourquoi ne pas le dire sans détour, des Humanités capables de prendre en charge des tâches de déconstruction, à commencer par celle de leur propre histoire et de leurs propres axiomes. »

Flip to back Flip to front