MicroMasters : une nouvelle stratégie d’ouverture et de diversification de l’université ?

Le MIT avance sur la voie de la reconnaissance académique des Mooc avec le lancement, début 2016, du premier « MicroMaster » en Supply Chain Management. Il est proposé à l’étudiant de suivre l’équivalent du premier semestre de cours en Mooc. S’il le souhaite et s’il valide ses examens, il peut terminer son master pendant un semestre au MIT, en présentiel. Il obtient alors le même diplôme que les étudiants qui effectuent l’ensemble du cursus sur le campus. L’avantage est de pouvoir diviser par deux les énormes frais de scolarité (30.000 dollars par semestre). Pour ceux qui souhaitent suivre les cours en ligne sans terminer le cursus complet, le MIT prévoit une « micro-accréditation » ou MicroMaster leur donnant accès à un complément de formation dans le domaine dans d’autres organisations ou institutions. MOOC-Cartoon-434x415

via Massachusetts Institute of Technology to launch half MOOC, half in-person master’s degree program | Inside Higher Ed.

Les « jobs à la con » de David Graeber

Pourquoi les emplois les plus utiles à la société sont-ils les plus mal payés ? Quelle partie de notre temps de travail consacrons-nous à ce que nous sommes exactement censés faire ? Pourquoi les entreprises qui cherchent la rentabilité en licenciant à tour de bras conservent-elles tant de postes administratifs abscons ? De façon pas très académique, David Graeber, anthropologue, (dont on peut se demander en passant quelles sont ses relations avec ses collègues de la London School of Economics) pose la question d’un étonnant paradoxe : comment se fait-il que le capitalisme et son discours d’efficacité, de rentabilité et de productivité, se traduisent dans un accroissement du poids des diverses administrations et, surtout, de tâches a priori sans utilité apparente  ?

Voilà, me paraît-il, un intéressant point de départ pour (re)questionner la pertinence d’un enseignement supérieur de masse et celle de ses efforts – parfois pathétiques – pour justifier sa capacité à fournir aux étudiants des compétences en adéquation aux exigences du marché.

via On the Phenomenon of Bullshit Jobs – STRIKE!.

Un exemple du glissement du rôle normatif des institutions d’enseignement en matière de savoir vers les firmes privées.

La récupération confirmée de l’enseignement supérieur par les grandes entreprises. Prochaine étape : le démantèlement de filières universitaires qui se retrouveront privatisées.On notera au passage la transmutation de l’idée de pensée critique en compétence entrepreneuriale.

via As the Skills Gap Widens, Employers Stop Requiring Degrees | Pearson’s Critical Thinking Blog.

Sad college student sitting on a bench in park

Les valeurs éducatives au risque du néo-libéralisme

Ce n’est pas vraiment une nouveauté que de le dire, ni même de l’expliquer mais il est essentiel de le répéter pour espérer faire passer le message au-delà du monde académique.

Fabre, M., Gohier, Ch. (dir.), Les valeurs éducatives au risque du néo-libéralisme, Rouen, Presses Universitaires de Rouen et du Havre, coll. « Penser les valeurs en éducation », 2015, 168 p., ISBN : 979-10-240-0420-4

via Michel Fabre et Christiane Gohier, Les valeurs éducatives au risque du néo-libéralisme.

Les valeurs éducatives au risque du néo-libéralisme

Obsession pédagogique , écran de fumée technologique.

Voici un article significatif (parmi d’autres) du discours technoscientiste appliqué à l’enseignement supérieur. Tout dans la rhétorique de l’amélioration et de la performance, rien sur le contenu. On s’aperçoit qu’il s’agit avant tout de plier les enseignants à des pratiques et à des comportements. L’exemple de l’enseignement de la poésie boosté par des vidéos sur les lieux où les écrivains ont vécu ne me convainc pas vraiment qu’il s’agit là d’une manière imparable d’apprendre à lire de la littérature ! Le fil rouge d’un progrès vague et indéfini (être parmi les meilleurs, mieux enseigner, mieux vivre …) semble plutôt la justification d’une stratégie de marketing et d’image fondée sur le mouvement, le changement, le flexibilité, autant d’attributs indispensable à la reconnaissance par la société de marché.

via Robert A. Lue : “HarvardX n’a pas été conçu pour remplacer notre pédagogie mais pour la transformer” – Educpros.

By Martin Couzins on 2 May 2014 in Learning & development , MOOCs