Le populisme, nouvel horizon de la démocratie ?

Une collègue sociologue enseignant dans le supérieur non universitaire m’expliquait récemment que l’essentiel de la sociologie à faire partager aux étudiants résidait dans la capacité de décentration du regard. Pour le reste, les théories et les écoles sociologiques ne constituent en définitive qu’un marché où nous allons nous servir en fonction de nos préférences et de nos affinités. Or, décentrer le regard sur le monde dont nous faisons partie revient de facto à adopter une perspective générale, globale. Ce n’est qu’en sortant de soi-même et de ses ancrages réducteurs que l’on peut observer la complexité des choses qui nous déterminent, nous influencent, nous conduisent à vivre ce que nous vivons et à être ce que nous sommes. On peut en donner mille illustrations. Parmi celles-ci, cette interview de V. de Coorebyter m’est revenue en mémoire car elle pourrait inclure sans grands développements l’actualité belge et française de ces derniers mois. A une question très simple, V. de Coorebyter apporte une réponse en forme de mise en perspective complexe dans laquelle la vie en société apparaît comme le produit de processus et d’agencements impliquant une grande diversité d’ingrédients. Dès lors, les catégories que la question de départ suppose de prendre en considération (politique, économie, minorités, souffrance sociale, etc.) sont perçues comme inextricablement liées, ce qui disqualifie toute lecture simplifiante et la réduction de l’action politique et citoyenne (au sens où la notion de citoyenneté peut recouvrir des formes d’action sociale différentes de celles orchestrées par la politique professionnelle et institutionnelle) à du « yaka ». Une bonne base d’exercice réflexif pour les étudiants en sciences humaines et sociales !

http://www.crisp.be/crisp/wp-content/uploads/analyses/2017-01-27_ACL-de_Coorebyter_V-2017-Le_Soir-Le_populisme_nouvel_horizon_de_la_democratie.pdf

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De la réalité du monde et de la science.

Ou encore : de la chose observée et de ce qu’on peut prétendre en savoir. A l’heure des « fake news » commodément évoquées par M. Trump, du scepticisme scientifique et de la post-vérité, voici un extrait de la Stanford Encyclopedia of Philosophy qui remet la question de la science en contexte. En l’occurrence, le contexte de la complexité epistémologique et de la rigueur – autant que de la modestie –  avec laquelle il convient de l’envisager. En fin de compte, toute forme de connaissance arrêtée devrait être suspecte. Une connaissance n’est jamais qu’un état transitoire du savoir dans une filiation dynamique de réflexion et de production d’idées. S’interroger sur la réalité de ce qui nous entoure nous conduit à nous interroger sur les conditions de cette interrogation, ce qui la motive, la sous-tend et la rend matériellement possible.

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via Scientific Realism (Stanford Encyclopedia of Philosophy)