Des yeux pour voir

« Le sociologue observe », « l’observation en sociologie », « la méthodologie d’observation », « l’observation participante » … L’observation est omniprésente en sociologie et pourtant qu’il est difficile d’expliquer aux étudiants à quoi elle correspond vraiment. L’observation se définit comme une action qui implique – naturellement serait-on tenté de dire – les sens de l’observateur. Mais pas seulement. Si l’on mobilise le regard et l’ouïe , encore faut-il s’entendre sur ce que l’on regarde et ce qu’on écoute. La société ? Les gens ? Les interactions entre les individus entre eux, entre les groupes ? Les relations de pouvoir ?

L’objet de la sociologie est multiple autant que complexe et finit par se confondre, au fur et à mesure du recul avec lequel on peut le considérer, comme l’humain au sens le plus large. Cela permettra au passage de comprendre pourquoi la sociologie peut aussi se définir comme le carrefour où se croisent et se rencontrent les différentes sciences humaines. Au risque d’une paraphrase hasardeuse de la formule de Térence, on peut dire que rien de ce qui est humain n’est étranger au sociologue. A commencer bien évidemment par lui-même, cet encombrant sujet qu’il lui faut domestiquer et intégrer vaille que vaille aux exigences de la rigueur scientifique. On s’efforce ainsi d’apprendre en sociologie cette fameuse démarche réflexive faite d’allers-retours constants de l’objet au sujet, d’interrogations pointilleuses sur le positionnement de l’observateur et les possibles biais du regard, de l’analyse et de la compréhension. Ceux-ci sont nombreux et tiennent le plus souvent, on l’aura compris, à l’observateur lui-même. Mais pas seulement. Le biais peut aussi résider dans la chose observée elle-même, dans les entretiens, dans l’information récoltée. D’où bien sûr la nécessité de s’assurer de la fiabilité des sources et des données, ce que personne ne contestera. On est alors tenté de privilégier l’observation directe, ce fameux terrain qui est un impitoyable critère de disqualification de ceux qui ne s’y trouvent pas assez souvent.

Toutefois, à bien y réfléchir, le terrain est au moins autant une abstraction qu’une réalité concrète. Le sociologue ne peut jamais embrasser le terrain d’un seul regard. Il doit y distinguer les acteurs, les faits et les relations des uns aux autres. Le sociologue n’observe pas le terrain mais bien ce que celui-ci produit avec les ingrédients sociaux qui s’y trouvent.  La question qui se pose dès lors est celle de la légitimité de ce que l’on peut observer. L’excellent texte auquel je renvoie ci-dessous y répond en partie.

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