Billet d’humeur :pensée politique et pensée critique.

J’ai vu passer sur le mur Facebook d’un ami le commentaire courroucé de M. de Salle, auteur de La Tradition de la Liberté (European Liberal Foundation et Fondation Jean Gol). Celui-ci s’indigne qu’on puisse faire un rapprochement entre l’envoi de son livre sur le libéralisme (et financé par la Fondation Jean Gol) à des universitaires, et le récent contact par le PTB de la clientèle des maisons médicales. Comparaison n’est pas raison mais je ne vois pas en quoi cette initiative qui, comme il le dit n’a rien d’illégal, se démarque de celle de Haroun Yahya, créationniste musulman qui utilisait des listes d’adresse de scientifiques et de professeurs d’université pour faire connaître ses publications. J’ai moi-même reçu à l’époque le livre de M. de Salle, ce qui me laisse penser que le nombre d’exemplaires devait être assez considérable pour être envoyés à des seconds couteaux facultaires comme moi. Je ne mets pas en doute les compétences de M. de Salle, mais, comme dans l’affaire Publifin, on peut se demander s’il suffit à une démarche de ne pas être illégale pour être vraiment morale. Tout d’abord, la Fondation Jean Gol et le European Liberal Foundation ne sont pas politiquement neutres et le travail de M. de Salle non plus. Ainsi, tout universitaire qui se respecte, fût-il libéral, ne réduira pas le marxisme à une « religion » et ne qualifiera pas ses limites de « tares » à moins que de vouloir clairement se situer sur le plan d’un discours militant, politique ou polémiste. La pensée critique en sciences humaines mérite d’être plus exigeante en matière de vocabulaire et ne peut se fonder sur les seuls « conseils avisés » d’un  pro-recteur d’université. Par ailleurs, tous les chercheurs n’ont pas les moyens dont disposent les fondations privées pour publier et se faire connaître (loin de là). Il me semble qu’à ce niveau on mélange un peu les genres.

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« Donner, reconnaître, dominer. Trois modèles en philosophie sociale »

« Quand il s’agit de rendre compte, par-delà les calculs intéressés de l’homo oeconomicus, de la manière dont tiennent les sociétés humaines, donner et reconnaître apparaissent comme deux dimensions constitutives de l’agir social. Mais du don et de la reconnaissance, il convient aussi, avant d’en appeler à leur syncrétisme, d’en interroger les proximités et les distances, ainsi que leurs consistances respectives. Par exemple, dira-ton d’un don sans retour ou d’une reconnaissance sans réciprocité qu’ils sont encore dignes de ces noms ? Les activités de don et de reconnaissance se confrontent alors à une tierce dimension qui les taraude de l’intérieur : la domination.

Cet ouvrage propose d’examiner plus précisément la façon dont se répondent et s’entremêlent les trois modèles du don, de la reconnaissance et de la domination, sur des enjeux contemporains situés au croisement de plusieurs horizons théoriques (la théorie critique, l’anthropologie, la phénoménologie sociale, la psychanalyse) ».

via Donner, reconnaître, dominer. Trois modèles en philosophie sociale | Revue du Mauss permanente

Compte-rendu : Les vies étudiantes

« On recense aujourd’hui plus de 2,4 millions d’étudiants en France. Une population dont les effectifs ne cessent de croître et qui se révèle être de plus en plus diversifiée. Se référer à « l’étudiant moyen » n’a donc pas plus de sens aujourd’hui qu’il n’en avait lors de la mise en place de la première enquête Conditions de vie des étudiants en 1994. Il en est de même de la vie étudiante qu’il est difficile de réduire à quelques clichés. Le seul fait d’être étudiant est loin d’homogénéiser les conditions de vie d’un public aux caractéristiques, aux expériences et aux attentes de plus en plus diversifiées. Le sexe, l’âge, la formation suivie, le parcours antérieur, la situation territoriale, les origines sociales et géographiques, sont autant de variables qu’il convient de prendre en compte dans l’étude de cette population en profonde mutation. Ce n’est pas une, mais bien des vies étudiantes qui sont analysées dans cet ouvrage, dressant les tendances et inégalités qui s’en dégagent en termes de ressources, d’articulation des temps de vie et d’études, de rapport à l’avenir, mais aussi de vulnérabilités vécues et perçues ».

(Résultats tirés de la 7e enquête nationale « Conditions de vie des étudiants » réalisée en 2013 auprès de 41 000 étudiants)

Les vies étudiantes

via Les vies étudiantes

L’Université saisie par le néolibéralisme, entre marchandisation et résistances (dossier de la revue Contretemps)

« L’Université est au cœur du processus de marchandisation néolibérale, au moins depuis le début des années 2000. Mise en concurrence des équipes de recherche, mise en marché de l’enseignement supérieur, libéralisation ou augmentation des frais d’inscription, développement des établissements privés, introduction de logiques commerciales et d’acteurs capitalistes… la marchandisation prend plusieurs formes et transforme les conditions de travail et d’existence des universitaires, des personnels administratifs et techniques, mais aussi des étudiant·e·s. Si les mobilisations ont été nombreuses – en France comme ailleurs (Chili, Québec, etc.) –, avec plus de défaites que de victoires, ces résistances ont contribué à former une jeunesse fortement mobilisée contre le capitalisme néolibéral et ont posé les jalons d’un projet d’Université – libérée des impératifs marchands, gratuite et émancipatrice. »

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