L’université aux abois

Le sujet n’est pas neuf. Il commence même à dater puisque les prémisses sont à rechercher dans la littérature grise qui a servi de fondement en Europe à ce qu’on a appelé le processus de Bologne. Quant au monde anglo-saxon, où l’université entretient de très longue date des liens étroits avec le monde de la finance et des grandes entreprises, l’analyse du capitalisme académique et de ses excès y est l’objet de travaux scientifiques depuis les années Reagan. En France et en Belgique francophone, ce questionnement sur la transformation managériale de l’enseignement supérieur et de la recherche n’a pas vraiment quitté le cercle restreint des doux rêveurs qui hantent les facultés de sciences sociales, ou encore celui des gauchistes attardés qui trouvent dans la littérature ou la philosophie de bien méchantes raisons de dénigrer la démocratie de marché. La pensée critique appliquée à l’université est une concession d’autant plus facilement accordée qu’elle ne concerne qu’une minorité qui joue en quelque sorte le rôle de fou du roi. Leurs gesticulations un peu vaines et leurs outrances intellectuelles qui osent s’affranchir du catéchisme du Nouveau Management Public témoignent pour les institutions d’une liberté académique vivace mais inoffensive pour le business. La dynamique générale des politiques universitaires, dans et en dehors des institutions, continue à être nourrie de rationalité économique et utilitaire. A quand d’autres Alice pour dénoncer l’hérésie de l’alliance heureuse de l’esprit et des affaires ?

via L’université aux abois – La Vie des idées050414_Alice_Goffman_book_600.jpg

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s