« Le diplôme est un fétiche »

On ne va pas se plaindre que le Monde soulève la question de la valeur des diplômes. Mais les constats posés ne sont pas vraiment surprenants pour qui s’intéresse à l’évolution de l’enseignement – et de l’enseignement supérieur – depuis 30 ans. Cela me conduit à m’interroger sur la capacité des sciences humaines à pleinement assumer une responsabilité critique dans un contexte de libéralisation / marchandisation de cet enseignement. Au moment de soutenir une thèse sur la transformation de l’université il y a plus de quinze ans, je soutenais déjà l’idée d’une dévalorisation du diplôme simultanée à une fuite en avant vers des qualifications toujours plus pointues. La banalisation du doctorat comme simple complément des masters en témoigne. Comment dès lors s’étonner que l’insignifiance grandissante des titres soit compensée par le capital individuel ? On trouve dans la littérature fondatrice du processus de Bologne l’argumentaire visant à réduire le diplôme à un simple élément parmi d’autres du portefeuille de compétences que chaque individu a désormais la responsabilité individuelle de composer, développer et entretenir tout au long de la vie. Présenter cela comme une nouveauté est pour le moins exagéré.remise_diplomes.jpg

via Séverine Chauvel : « Le diplôme est un fétiche »

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