La réputation scientifique, une course infernale

« Tiraillé entre vocation et ambition, entre émulation et compétition, le chercheur d’aujourd’hui est un personnage kafkaïen, qui ne maîtrise que partiellement la logique de ses actes. La quête d’une réputation scientifique ressemble désormais à une compétition sportive, à une course aux publications « avec comité de lecture », chapeautée par une nouvelle culture du management de la recherche qui évoque plus volontiers la planification centralisée soviétique que le libre marché des idées. Le chercheur se retrouve plus que jamais esclave d’un système qu’il a contribué à créer, et vis-à-vis duquel il a beaucoup de mal à prendre ses distances. La science d’aujourd’hui, en particulier les sciences sociales et humaines, aurait avantage à se pencher sur l’analyse critique de ces nouveaux dispositifs réputationnels, ne serait-ce que pour permettre aux chercheurs de mieux en maîtriser les règles ».

 

http://www.scienceshumaines.com/la-reputation-scientifique-une-course-infernale_fr_35697.html

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La question de l’unité entre physique et philosophie – La Revue des Ressources

« La philosophie, comme activité de synthèse de tous les savoirs, est par essence le lieu de rencontre et de dialogue entre toutes les disciplines et hors de laquelle chacune est portée à dériver, sans contrôle externe, enfermée dans une logique ésotérique, source de tous les dérèglements — dont la physique est à ce titre exemplaire. Il ne s’agit pas pour autant d’ériger la philosophie en discipline dominatrice et totalitaire, mais de référer l’assise fondatrice de chaque science particulière à une instance universelle d’où elles tirent leur légitimité et la possibilité d’un exercice libre de leur activité de recherche ».

via La question de l’unité entre physique et philosophie – La Revue des Ressources.

Les petits soldats du nouveau management

Plusieurs références à découvrir dans la bibliographie de cet article :

Le Management désincarné. Enquête sur les nouveaux cadres du travail, de Marie-Anne Dujarier, La Découverte, 260 p., 18,50 €.

Le Capitalisme paradoxant. Un système qui rend fou, de Vincent de Gaulejac et Fabienne Hanique, Seuil, 280 p., 21 €.

La Gouvernance par les nombres. Cours au Collège de France (2012-2014), d’Alain Supiot, Fayard, 512 p., 22 €.

 

via Les petits soldats du nouveau management.

La recherche n’est pas une activité anodine

Non, la recherche scientifique n’est pas une activité anodine. Elle implique en effet d’aller en permanence au-delà non seulement de ce qui est connu mais aussi et surtout de ce qui est admis. Penser de façon critique, c’est bien plus que le simple fait de remettre en question des théories, d’en souligner les limites ou les faiblesses, c’est aussi s’opposer à ceux qui appuient leur pouvoir sur des corpus d’idées. En déconstruisant ces corpus, en mettant à jour leurs tenants et aboutissants, en éclairant les enjeux qu’ils recouvrent et les ambitions qu’ils soutiennent, la discipline intellectuelle du chercheur devient de facto indiscipline et insoumission. Sans cette indiscipline et cette insoumission, il ne peut y avoir ni créativité ni progrès. La liberté académique est la garantie de cette créativité et de ce progrès parce qu’elle considère l’insoumission aux vérités toutes faites comme condition de l’émancipation individuelle et sociale.

via The murder of my friend Giulio Regeni is an attack on academic freedom.

La sociologie est politique mais pas normative – Une heure de peine…

 

« Depuis plusieurs décennies, la sociologie est régulièrement accusée d’excuser la délinquance, le crime et le terrorisme, ou même de justifier les incivilités et les échecs scolaires. À gauche comme à droite, nombre d’éditorialistes et de responsables politiques s’en prennent à une « culture de l’excuse » sociologique, voire à un « sociologisme » qui serait devenu dominant.

Bernard Lahire démonte ici cette vulgate et son lot de fantasmes et de contre-vérités. Il livre un plaidoyer lumineux pour la sociologie et, plus généralement, pour les sciences qui se donnent pour mission d’étudier avec rigueur le monde social. Il rappelle que comprendre les déterminismes sociaux et les formes de domination permet de rompre avec cette vieille philosophie de la responsabilité qui a souvent pour effet de légitimer les vainqueurs de la compétition sociale et de reconduire certains mythes comme celui du self made man, celui de la « méritocratie » ou celui du « génie » individuel.
Plus que la morale ou l’éducation civique, les sciences sociales devraient se trouver au coeur de la formation du citoyen, dès le plus jeune âge. En développant la prise de distance à l’égard du monde social, elles pourraient contribuer à former des citoyens qui seraient un peu plus sujets de leurs actions. » (http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Pour_la_sociologie-9782707188601.html)

Pour la sociologie - Bernard LAHIRE

Une excellente critique de cet ouvrage important est à découvrir sur La sociologie est politique mais pas normative – Une heure de peine….