LinkedIn veut secouer les classements des universités

A qui profite cette industrie de l’évaluation et le commerce des données qui la sous-tend ?  A l’article du Monde en lien ci-dessous, la réponse du pro-Recteur de l’Université de Liège, Bernard Rentier, apporte un éclairage très pertinent :

« Tout classement implique un (ou plusieurs) biais. Il est même impossible de classer sans se fonder sur un (ou des) critère(s) et sans négliger les autres. On ne peut réduire l’immense complexité d’une université à un seul chiffre, avec plusieurs décimales, ce qui est pourtant la condition essentielle pour aboutir à un classement. Même si on annonce clairement la couleur (ici, la carrière des diplômés), le critère ne peut qu’être basé sur une illusion (ici, celle qui laisse penser qu’on peut réduire la qualité d’une trajectoire professionnelle à un chiffre et trois décimales…).Le classement universel n’est donc pas né, et il est loin de naître, En attendant, ceux qui possèdent les « big data » et en premier lieu les « réseaux sociaux » sont en position de laisser croire que, détenteurs d’une multitude de données (par ailleurs crowdsourcées, avec les risques d’imprécision voire de fantasmes que cela implique en matière de qualifications, diplômes et titres acquis et de fonctions exercées), ils sont en mesure d’en tirer des conclusions significatives pour l’orientation d’un individu…Un peu de réalisme amène à comprendre l’immense bénéfice que peut générer la vente de ces informations et du traitement qui en est fait, en se basant sur l’éternelle crédulité dont font preuve les humains par rapport à « la vérité du chiffre ». Un pactole ». (http://www.scoop.it/t/evaluations-classements-mythes-et-realites)

via LinkedIn veut secouer les classements des universités.

L’ambiguïté de la « formation » à l’université.

Faire de l’université une institution de « formation », c’est déjà dévaloriser la recherche et l’enseignement universitaires ; la légitimer par sa capacité à fournir des chefs d’entreprise, des « experts » et des travailleurs adaptés au marché, c’est confirmer qu’elle est vendue depuis trente ans à la raison économique libérale. L’université devrait contribuer à l’émancipation (et donc à, la transformation) de toute la société en étant plus que jamais un conservatoire du savoir, un centre de découverte de connaissances et de diffusion d’une haute culture. La transformer en école professionnelle aura à terme pour seul effet certain de confirmer cette haute culture comme propriété et outil de pouvoir des nantis.

via Jean-François Bachelet.

Séminaire à L’EHESS (Paris) : Expériences de l’anticapitalisme. Ontologies et épistémologies

« Après une période de reflux – diversement qualifiée –, les années 1990 et 2000 ont vu se développer de nouvelles formes de la critique sociale et politique, des essais de refondation des théories critiques. Alors que Boltanski et Chiapello analysent « l’esprit du capitalisme », soit ce qui « justifie l’engagement dans le capitalisme », le séminaire portera sur ce que seraient un ou des esprits de l’anticapitalisme. En d’autres termes, des expériences auto-encodées sous le registre de l’anticapitalisme qui explorent et portent des projets de modernités alternatives à la modernité capitaliste seront interrogées, analysées à partir de quelques points de problématisation : l’encodage des formes à combattre, les manières d’accorder et d’articuler les temporalités, les modalités de la prise de décision politique et de la gestion des autorités, la construction de l’anticapitalisme comme expérience ».

via Calenda – Expériences de l’anticapitalisme. Ontologies et épistémologies.