Des Français inventent le classement « Wikipédia » des universités

Dans la série on ne sait plus quoi faire pour mesurer l’incommensurable et perdre son temps en se donnant l’air important à coup de variables.

 

via Des Français inventent le classement « Wikipédia » des universités.

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Du choix des « humanités » et autres sciences « molles »

Une mise en perspective très intéressante sur l’histoire des choix des domaines d’études dans le monde anglo-saxon. Toutefois, il conviendrait de compléter la réflexion par une analyse du statut des humanités et des sciences sociales à l’université. Ce statut est en effet ambigu. Malgré l’attrait qu’elles représentent incontestablement pour les étudiants, les décideurs considèrent généralement les « sciences de l’homme » comme moins utiles, rentables, voire même crédibles que les sciences de la nature (ainsi les déclarations méprisantes du premier ministre français M. Manuel Valls adressées à la sociologie au lendemain du second tour des élections régionales en ce mois de décembre 2015). C’est que l' »utilité » des lettres, de la philosophie, de l’anthropologie … est bien difficile à évaluer dès lors que cette utilité se traduit généralement aujourd’hui en innovation technologique et rentabilité financière. Dès lors, la justification des sciences de l’homme semble bien résider dans l’esprit de nombreux responsables universitaires et économiques dans une espèce de subordination – camouflée en interdisciplinarité – aux sciences dures.

 

via The humanities are booming, only the professors can’….

Comment les savants travaillent : « Le corps de la science » de Françoise Waquet

L’objet de l’ouvrage est « d’élucider la face non intellectuelle du savoir et d’en mettre en évidence la portée épistémique. Les conditions matérielles du savoir ne sont pas un support anecdotique de l’invention des théories scientifiques, elles ne sont pas non plus une scène passive sur laquelle les grands hommes déploient leurs œuvres. En procédant à une « archéologie des techniques intellectuelles, du point de vue des usagers » (p. 10), F. Waquet souligne leur rôle et leur donne une place dans l’histoire intellectuelle ».

via Le corps de la science – La Vie des idées.

Sociologie économique et économie critique. A la recherche du politique

« Alors que s’affirme le renouveau d’une sociologie des faits économiques, on observe une insatisfaction croissante à l’égard de l’économie standard, dont le discours est de plus en plus souvent jugé inadéquat au regard des grands défis contemporains. La crise financière mondiale de l’automne 2008, la crise grecque doublée d’une crise de la souveraineté en 2015, les désastres et menaces écologiques en chaîne, mais aussi la montée des inégalités économiques et sociales, sont autant d’épreuves de réalité pour ces édifices intellectuels. Cette crise de l’économie ne débouche pas simplement sur une crise de la pensée économique qui conduirait une fois de plus à une dénonciation stérile de la  » pensée unique « . On peut se réjouir qu’elle suscite au contraire aujourd’hui une véritable pensée de la crise, notamment par un renouveau de l’économie  » politique  » qui traverse désormais toutes les sciences sociales. Ce hors-série rassemble justement des travaux originaux, identifie les convergences et les conflits, et favorise l’unification théorique par le dialogue entre diverses sciences sociales. Partir à la recherche du politique dans l’activité économique suppose de saisir celle-ci dans son fonctionnement concret et son environnement social, ses structures institutionnelles et ses formes de vie variées. Partir à la recherche de la dimension politique des faits économiques, c’est aussi élaborer de nouvelles médiations entre sens commun et constructions scientifiques, et proposer ainsi des schèmes d’intelligibilité de l’économie, scientifiquement heuristiques, mais également appropriables par les citoyens  » ordinaires  » dans le débat public ».

 

via Les Livres de Philosophie: Revue française de socio-économie (hors-série 2015) : Sociologie économique et économie critique. A la recherche du politique.

Leisure, the Basis of Culture: An Obscure German Philosopher’s Timely 1948 Manifesto for Reclaiming Our Human Dignity in a Culture of Workaholism | Brain Pickings

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The original meaning of the concept of “leisure” has practically been forgotten in today’s leisure-less culture of “total work”: in order to win our way to a real understanding of leisure, we must confront the contradiction that rises from our overemphasis on that world of work.

[…]

The very fact of this difference, of our inability to recover the original meaning of “leisure,” will strike us all the more when we realize how extensively the opposing idea of “work” has invaded and taken over the whole realm of human acton and of human existence as a whole. »

via Leisure, the Basis of Culture: An Obscure German Philosopher’s Timely 1948 Manifesto for Reclaiming Our Human Dignity in a Culture of Workaholism | Brain Pickings.

Rutgers Professors Oppose Academic Analytics | Inside Higher Ed

L’externalisation du « benchmarking » interpelle quant à l’autonomie en voie de disparition des universités. La redéfinition de ces dernières en entreprises ou, à tout le moins, en organisations sommées de se comporter comme des entreprises et de se légitimer de la même manière, réduit les universitaires à des exécutants. Leurs tâches (recherche et enseignement) et les contenus de celles-ci se voient désormais de plus en plus définis par rapport à des critères idéologiquement connotés. Depuis une trentaine d’années, on assiste à la lente érosion de tout ce qui isolait l’université de son environnement mais qui, simultanément autorisait la survie d’une idée de la science non complètement asservie  à la raison utilitariste. En s' »ouvrant » au monde extérieur (selon une pieuse formule qui a depuis longtemps fait fortune), l’université se voit davantage influencée par les valeurs dominantes de la société neo-libérale qu’elle n’apporte à celle-ci raison critique et outils de transformation.

 

via Rutgers Professors Oppose Academic Analytics | Inside Higher Ed.

Voir aussi http: http://www.academicanalytics.com

L’université « glonacale » en marche.

L’université contemporaine se caractérise – plus que jamais – comme une institution aux contours de plus en plus flous. Sa structuration traditionnelle en fonction des divisions disciplinaires héritées de la tradition scientifique classique s’affaiblit et se redéfinit en fonction de nouvelles exigences épistémologiques et pratiques de multi- et trans-disciplinirarité ; les outils numériques ont accéléré le développement des collaborations inter-universitairees dans le même temps que s’accélérait la mobilité des chercheurs et des étudiants. L’intégration de nouvelles missions d’expertise, de services à la société et la démultiplication des relations avec le monde de l’entreprise qui motivèrent à l’époque la vision « multiversitaire » de Clark Kerr ou encore, plus récemment, le modèle de la « triple hélice », ont amené l’université à concevoir de nouvelles missions et de nouveaux métiers. Enfin, l’érosion de sa responsabilité de référence culturelle au profit du statut d’outil au service de l’économie de marché (formation, innovation) voire d’entreprise de valorisation du savoir (autonomie, désengagement des pouvoirs publics, compétition), conduit l’université à se positionner  simultanément sur les plans international / global (partenariats mais aussi légitimation à travers les « rankings ») et local (contribution au développement/ redéploiement des économies locales) : une posture « glonacale » au sens où le terme fut popularisé par Marginson dans le domaine de l’étude de l’évolution de l’enseignement supérieur (https://cshe.unimelb.edu.au/people/marginson_docs/JEPF2.2004Marginson.pdf)

Une université européenne en construction – Educpros.