New Universities To Teach Syrian Refugees

Voilà le concept d' »université » qui s’élargit à la problématique complexe des populations déplacées et de la reconstruction des pays en guerre. Je ne réagirai pas ici à la dimension politique et culturelle mise en évidence par l’article (trois universités financées par des fondations musulmanes et / ou liées au monde entrepreneurial et / ou aux pays du Golfe) Les pays européens envisageront-ils ou non d’intégrer un accès facilité à l’éducation – en particulier supérieure – dans leur politique chaotique à l’égard des réfugiés du Moyen Orient ? C’est hélas peu probable compte tenu des injonctions gestionnaires imposées par le processus de Bologne aux institutions d’enseignement. Pourtant on ne peut se borner à donner à ces gens des lits dans des casernes désaffectées, quelques vêtements dont on est heureux de se débarrasser en toute bonne conscience et la bénédiction pour un futur rajeunissement démographique. L’intégration par la langue et les études d’une population jeune tombe sous le sens. Nous en avons largement les compétences mais pas les moyens matériels. C’est un travail de longue haleine qui ne peut être réalisé dans la précarité notamment liée au bénévolat sur lequel les gouvernements tendent à se défausser. Il faut structurer l’apport attendu de ces personnes parmi nous autant que ce que nous pouvons leur apporter. Pour cela, il importe de regarder le problème hors du prisme déformant de l’humanitaire et du provisoire qui s’impose souvent à long terme. Si la bonne volonté individuelle est indispensable, que l’expertise des milieux associatif est incontournable, il est primordial que l’état – enfin – considère qu’il ne suffit pas d’aider ces nouveaux concitoyens à vivoter mais au contraire que l’on doit croire et investir en eux autant que dans les autres. L’accès aux écoles dotées de structures d’apprentissage de la langue véhiculaire, l’accès aux universités doit être organisé simultanément à des conditions de vie décentes. Cela coûtera de l’argent ? Cela pourrait être un projet ambitieux sur lequel déplacer des budgets prévus pour des choses a priori moins essentielles comme des gares de prestige ou des stades de football. Comme on dit habituellement, c’est une question de priorité et de courage politique, certainement pas de réalisme, car la réalité est là, sous nos yeux : on ne peut plus se contenter d’applaudir à des initiatives telles celles des Nations Unies de bricolage d’écoles dans les zones dites sensibles de pays lointains entraperçus à la télévision . Ce n’est pas de charité camouflée en solidarité, plus politiquement et médiatiquement correcte, qu’il s’agit, mais de vie à partager et à construire ensemble. Les réfugiés doivent aller à l’école, s’instruire et étudier. C’est au moins aussi nécessaire que d’avoir des papiers.

via New Universities To Teach Syrian Refugees – Al-Fanar MediaAl-Fanar Media.

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