Le pouvoir des lobbys repose sur le contrôle des sciences qui permettent de le légitimer.

via Flawed methodology and assumptions behind claim that business is losing Brussels lobby wars | Corporate Europe Observatory.

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Un exemple du glissement du rôle normatif des institutions d’enseignement en matière de savoir vers les firmes privées.

La récupération confirmée de l’enseignement supérieur par les grandes entreprises. Prochaine étape : le démantèlement de filières universitaires qui se retrouveront privatisées.On notera au passage la transmutation de l’idée de pensée critique en compétence entrepreneuriale.

via As the Skills Gap Widens, Employers Stop Requiring Degrees | Pearson’s Critical Thinking Blog.

Sad college student sitting on a bench in park

Les valeurs éducatives au risque du néo-libéralisme

Ce n’est pas vraiment une nouveauté que de le dire, ni même de l’expliquer mais il est essentiel de le répéter pour espérer faire passer le message au-delà du monde académique.

Fabre, M., Gohier, Ch. (dir.), Les valeurs éducatives au risque du néo-libéralisme, Rouen, Presses Universitaires de Rouen et du Havre, coll. « Penser les valeurs en éducation », 2015, 168 p., ISBN : 979-10-240-0420-4

via Michel Fabre et Christiane Gohier, Les valeurs éducatives au risque du néo-libéralisme.

Les valeurs éducatives au risque du néo-libéralisme

De la récupération des sciences humaines et du refus de la critique.

La récente annonce de la suppression par le gouvernement japonais de filières de sciences sociales dans l’enseignement supérieur n’a guère eu d’échos hors des médias en ligne. Si ce constat est en soi inquiétant, on doit aussi s’alarmer du fait que les titres qui semblent en apparence prendre fait et cause pour les « humanities » se bornent souvent à introduire des justifications partielles et partiales. L’argument de l’article de Livemint se focalise ainsi sur le rôle de ce qui semble se réduire à celui d’experts en marketing et GRH dans une économie de marché reposant sur les services. Cela revient à défendre implicitement l’idée selon laquelle le seul enseignement pertinent en la matière se ferait (à peu de choses près) dans les écoles de commerce. Or une des principales spécificités des sciences sociales est de promouvoir la multiplicité et le déplacement des points de vue, ainsi que la prise en compte de la subjectivité de l’observateur, juge et partie de son travail. Cette subjectivité, plutôt que la nier ou l’ignorer en vain, certains choisissent de l’assumer, en pleine transparence, ainsi que la référence à des normes ou à des valeurs spécifiques, afin d’éclairer, d’analyser et de déconstruire ce qui est fondé sur d’autres normes ou d’autres valeurs. Dit de façon outrancièrement condensée, ce choix est celui du refus des évidences au profit de la critique. On en conclura – provisoirement – qu’il importe aux tenants de la pensée socio-économique dominante, de se démarquer stratégiquement de la mesure brusque prise par le gouvernement japonais et de l’image négative qu’elle ne manque pas de produire, pour justifier la nécessaire inféodation des sciences sociales au neo-libéralisme.

via Japan dumbs down its universities – Livemint.

A file photo of Hakubun Shimomura, Japan’s minister of education, culture, sports, science and technology. Photo: Bloomberg

Illustration de la pertinence des approches transversales.

Excellent article et bel exemple de réflexion transversale entre un politologue et un spécialiste en énergie.Au-delà de l’intérêt de son contenu, ce texte montre combien il importe de sortir des visions étroites des « experts » et de décaler les points de vue tout en les recoupant. L’Université de Liège n’est peut-être pas en tête des rankings mais elle produit des connaissances pertinentes pour le plus grand nombre …

via Arabie saoudite et Etats-Unis: un divorce annoncé – International – LeVif.be.

Arabie saoudite et Etats-Unis: un divorce annoncé

Vers la mort programmée de la liberté académique ?

La promotion de la tenure par l’Association des Professeurs d’Université aux Etats Unis (AAUP) avait pour principal objectif de garantir la liberté académique dans un contexte où l’université était essentiellement privée et où l’anti-intellectualisme était monnaie courante parmi les membres des conseils d’administration. On ne s’étonnera donc pas que, derrière les arguments traditionnels de la doxa du nouveau management (économie, rentabilité, flexibilité …), se profile de plus en plus la volonté de soumettre l’enseignement supérieur à l’idéologie libérale et au monde de la finance et de l’entreprise.

Wisconsin faculty incensed by motion to eliminate tenure from state statute

via Wisconsin faculty incensed by motion to eliminate tenure from state statute | InsideHigherEd.

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La police de la pensée économique à l’université.

Stupéfaction ! Paul Jorion, licencié par la VUB, évoque la police de la pensée économique économique à l’université. A chacun(e) de se faire son opinion. Personnellement, je suis convaincu que l’université comme elle est contrainte à se transformer, risque de plus en plus de vouloir raboter la liberté académique et toute pensée qui ne soit pas en conformité avec ce que la démocratie de marché exige. Merci à celles et ceux qui estiment que toute intelligence est à la fois inquiète et critique, de diffuser largement ce message.

via Le temps qu’il fait le 11 septembre 2015 | Blog de Paul Jorion.

Les sciences sociales ne jouent plus leur rôle de contre-pouvoir »

Une interview comme l’on dit interpellante du sociologue Dominique Boullier « (…) les chercheurs en sciences sociales semblent enfermés dans une tour d’ivoire. Tout se passe comme s’ils ne cherchaient pas à se saisir de ces nouvelles données sociétales, comme s’ils estimaient ces phénomènes superficiels. Nous assistons à un décrochage des sciences sociales qui, du coup, […]