Karl Popper (1902-1994) Qu’est-ce que la science ?

Un article de synthèse très clair du Magazine Sciences humaines qui en aidera plus d’un(e) à se remémorer l’essentiel de la pensée popperienne. « Nous ne pouvons que débusquer l’erreur, jamais démontrer une vérité. Le chantre du rationalisme critique qu’est Karl Popper applique ce principe à la démarche scientifique, mais aussi à la réflexion politique« . via […]

L’Angoisse de l’ingénieur

Un des principaux enjeux d’une pensée critique est de démystifier la toute-puissance de la raison incarnée depuis le 17e siècle et la révolution de la science classique. Rendre le monde mesurable, maîtriser la nature par les chiffres, discipliner l’humanité par le progrès matériel et technique, voilà qui a conduit à faire de l’ingénieur l’archétype du savoir utile et utilitaire. Mais les guerres mondiales, le feu atomique, les désastres écologiques, Shoah et autres génocides, – sans parler du chamboulement épistémologique peu connu du grand public – de la nouvelle physique – conduisent au questionnement de la centralité de la figure de l’ingénieur et du rationalisme tout-puissant qu’elle incarne. Dans L’Angoisse de l’ingénieur,  « (…) Bloch réhabilite ce que la raison, marxiste entre autres, a voulu condamner : l’existence du mythe. Il défend les archétypes tels qu’ils peuvent apparaître dans les contes, où toute hiérarchie sociale se voit bousculée. De ce pas, il met en garde contre la mécanique, qui gomme la lumière du rêve, alors que le moment utopique y reste encore tapi ».

via Les Livres de Philosophie: Ernst Bloch : L’Angoisse de l’ingénieur (Allia, 2015)

Les assassins de Palmyre

L’université, c’est cela aussi. Et peut-être même surtout. Merci à Didier Viviers, Recteur de l’ULB de rappeler qu’un scientifique c’est aussi un intellectuel et qu’un intellectuel ça ne sert pas qu’à être évalué, calculé, mesuré, rentabilisé. Palmyre et les autres crimes culturels de Daesh ne montrent hélas pas que l’imbécillité et la dangerosité des intégrismes religieux. La manière dont les grands médias traitent – ou ne traitent pas – de cette négation de la culture qui est, partant, négation de l’esprit, de la beauté et de l’intelligence, en dit beaucoup sur la place de ces valeurs dans notre propre civilisation du marché. Entre autres, l’insoutenable dette grecque et l’inquiétante plongée des bourses internationales, la valeur à la revente d’un footballeur, le financement public d’un circuit de F 1 sous le couvert qu’une activité polluante, en totale contradiction avec le principe d’une société équilibrée, paisible et cultivée, sont aujourd’hui les priorités d’un monde politique totalement détaché de l’idée de progrès humain. L’université en subit les effets qui se voit pressée de justifier à longueur d’année académique qu’elle est une entreprise utile et productive. Entraînée comme le monde qui l’entoure dans une dynamique à court terme de croissance, d’innovation à visées commerciales, d’allégeance aux valeurs entrepreneuriales, de création de « buzz » technoscientifiques, l’université a de plus en plus de mal à faire vivre la pensée critique, celle qui demande du temps, de la mise à distance, le courage de refuser les évidences et de penser à contre-courant. Il reste des hommes et des femmes qui travaillent à l’université et qui considèrent que leur travail de recherche et d’enseignement comporte une responsabilité d’engagement. L’engagement : voilà un mot qui fait frémir les frileux – voire hypocrites – tenants de l’illusoire objectivité scientifique qui préfèrent fermer pudiquement les yeux sur ce que d’autres peuvent faire des connaissances. Qu’ils soient rassurés. Revendiquer et assumer d’être un universitaire engagé, ce n’est ni plus ni moins le fait de revendiquer et d’assumer ses responsabilités de citoyen à dire ce que l’on pense du monde comme il va et ce que l’on voudrait qu’il devienne. Soyons encore plus clairs et définitifs : c’est revendiquer et assumer les responsabilités que n’assument plus ni les politiques, ni les grands médias, trop soucieux de complaire à la pensée dominante qui est aussi celle de leurs bailleurs de fonds, de leurs électeurs et / ou de leur clientèle.

Les assassins de Palmyre | Libres examens. Blog-notes de Didier Viviers, Recteur de l’Université libre de Bruxelles.

Obsession pédagogique , écran de fumée technologique.

Voici un article significatif (parmi d’autres) du discours technoscientiste appliqué à l’enseignement supérieur. Tout dans la rhétorique de l’amélioration et de la performance, rien sur le contenu. On s’aperçoit qu’il s’agit avant tout de plier les enseignants à des pratiques et à des comportements. L’exemple de l’enseignement de la poésie boosté par des vidéos sur les lieux où les écrivains ont vécu ne me convainc pas vraiment qu’il s’agit là d’une manière imparable d’apprendre à lire de la littérature ! Le fil rouge d’un progrès vague et indéfini (être parmi les meilleurs, mieux enseigner, mieux vivre …) semble plutôt la justification d’une stratégie de marketing et d’image fondée sur le mouvement, le changement, le flexibilité, autant d’attributs indispensable à la reconnaissance par la société de marché.

via Robert A. Lue : “HarvardX n’a pas été conçu pour remplacer notre pédagogie mais pour la transformer” – Educpros.

By Martin Couzins on 2 May 2014 in Learning & development , MOOCs

Reproducing the Academy: Librarians and the Question of Service in the Digital Humanities

En abordant notamment la question de la distinction entre « travail intellectuel » et « service », l’auteure soulève ici une question essentielle quant au statut des bibliothécaires et des bibliothèques à l’université.

Roxanne Shirazi

Slide01The following is a version of the talk I gave as part of a panel at ALA sponsored by the Women and Gender Studies Section of ACRL and organized by Heather Tompkins (Carleton College). The title of the panel was « Digital Humanities and Libraries: Power and Privilege, Practice and Theory, » and included Jane Nichols, Elvia Arroyo-Ramirez, and Megan Wacha.

Thank you, Heather, and the Women and Gender Studies Section for inviting me to be here on this panel. I want to start out by noting that the title of the panel is “Digital Humanities and Libraries” – but what I am here to talk about today is actually digital humanities and librarians.

First, I’m going to assume that you all have a basic understanding of the digital humanities, and Jane’s done a fantastic job of explaining the type of work that gets done in this area, so I’m not going to get…

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